Ce qu’il faut retenir :
- Reach est un nouvel outil du projet NicheObserver, présenté le 8 septembre par Kevin Richard (512banque) lors d’un live sur X
- Il permet d’estimer la taille de l’audience d’un site à partir des données Chrome (CrUX) publiées par Google, sans révéler de nombre de visites exact
- Chaque domaine reçoit un score de reach de 0 à 100, une tranche de popularité, un marché principal probable et un historique sur 24 mois
- L’outil est gratuit dans sa version actuelle, avec un mode bulk, un accès API, une extension via SEObserver et un serveur MCP pour les agents IA
- Reach est présenté comme une alternative gratuite à Similarweb, capable de dire si un site a de vrais utilisateurs, à quelle échelle et sur quel marché, sans détailler les sources de trafic ni les visiteurs uniques
Un outil pensé comme une alternative gratuite à Similarweb
Comme annoncé par Kevin Richard dans son live du 8 septembre 2026, Reach se positionne comme une alternative gratuite à des outils comme Similarweb pour évaluer la taille d’un site. Contrairement aux estimations basées sur des panels ou des modèles statistiques, l’outil s’appuie directement sur le CrUX, le jeu de données que Google publie chaque mois à partir des chargements de pages réels effectués par des utilisateurs Chrome éligibles, sur ordinateur et sur Android. Les visites Safari et iOS restent hors du périmètre.
Selon les chiffres affichés, la base couvre plus de 35 millions de domaines interrogeables sur 24 mois, plus de 40 millions d’origins, et 238 pays et territoires. Pour le seul mois d’août 2026, environ 13,9 millions de domaines ont été observés.
Comment fonctionne le score de reach
Plutôt que d’afficher un nombre de visites, que Google ne publie pas, NicheObserver traduit les données brutes du CrUX en un score de 0 à 100, l’adjusted_reach_score, qui sert de signal principal pour comparer des domaines entre eux. Ce score s’accompagne d’un reach_score propre à la meilleure origin du domaine, et d’un popularity_rank_bucket qui indique une tranche d’appartenance (top 1 000, top 10 000, top 1 million, etc.) plutôt qu’un classement précis.
Un domaine classé dans une tranche donnée n’a pas nécessairement une position connue à l’intérieur de cette tranche, et un score à 0 signifie simplement que le domaine n’a pas été observé sur le mois concerné, pas qu’il a disparu.
L’outil permet aussi de repérer le marché principal d’un site (le pays où son audience est la plus concentrée), avec un niveau de confiance associé, ainsi que l’historique mensuel du score sur 24 mois pour suivre une progression ou un recul dans le temps.

Ce que propose l’outil dès aujourd’hui
Lors de sa présentation, Kevin Richard a précisé que l’ambition était de « dépixeliser la data » du CrUX pour la rendre directement exploitable par les professionnels du SEO. Dans sa version actuelle, Reach s’appuie uniquement sur les données gratuites du CrUX. Une offre payante est annoncée pour les prochains mois, au moment du lancement complet de NicheObserver.
Plusieurs modes d’accès sont déjà disponibles :
- une recherche unitaire par domaine, hostname, origin ou URL
- un mode bulk pour interroger plusieurs domaines à la fois
- un accès via API, avec des exemples d’intégration donnés pour Codex et Claude Code
- une extension proposée via SEObserver
- un serveur MCP, pensé pour être branché à des agents IA
Un pont entre NicheObserver et SEObserver est également annoncé, sans que le calendrier précis n’ait été communiqué.
Le positionnement affiché : une alternative gratuite à Similarweb
Dans sa présentation, Kevin Richard revendique frontalement la comparaison avec Similarweb, en résumant son outil comme la promesse d’obtenir gratuitement ce que d’autres facturent pour vérifier si un site reçoit du trafic et comment ce trafic évolue.
Il insiste sur un point de méthode : le CrUX agrège des chargements de pages réels, quelle que soit leur origine, recherche, publicité, email, lien entrant ou accès direct. Reach ne cherche donc pas à décomposer les sources de trafic ni à donner un nombre de visiteurs uniques. La promesse est plus modeste et plus factuelle : dire si un site a de vrais utilisateurs, à quelle échelle, et sur quel marché.
Pour illustrer la fiabilité du signal, l’intéressé cite un test mené sur des sites dont il avait accès aux vraies statistiques. Sur l’un d’eux, l’outil a détecté l’apparition d’un nouveau marché en janvier 2026, le mois exact où les clics de la Search Console de ce site avaient triplé. Il invite d’ailleurs la communauté à tester l’outil sur des sites qu’elle connaît bien, pour vérifier où le signal se trompe.
Les limites à connaître
L’outil ne prétend pas offrir un recensement exhaustif du web. Certains sites sont absents des données, notamment ceux qui sont en noindex. Plus largement, Google applique ses propres critères d’éligibilité et de confidentialité pour intégrer une page au CrUX, ce que NicheObserver ne peut pas contourner.
Autre point de vigilance signalé par l’outil lui-même dans sa documentation : une variation du score de reach d’un mois sur l’autre ne signifie pas automatiquement une variation de trafic. Un changement de couverture du CrUX peut produire le même effet. D’où la recommandation de lire l’évolution sur plusieurs mois plutôt que sur un seul point.
L’article “Annonce NicheObserver : jaugez gratuitement l’audience des sites depuis les données CrUX” a été publié sur le site Abondance.